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AI Act ESN éditeur SaaS : 9 obligations fournisseur 2026

AI Act ESN et éditeur SaaS : depuis le 2 août 2026, vous êtes fournisseur au sens du règlement. 9 obligations Annexe IV à couvrir avant décembre 2027.

Par Sophie Irles · ·
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Par Sophie Bertrand, journaliste marché IA & conformité, Kreante. Publié le 23 août 2026.

TL;DR

Contexte

La deadline du 2 août 2026 est passée. Toute ESN qui commercialise un SaaS embarquant un LLM tiers (Anthropic Claude, OpenAI GPT-4, Mistral Large, Google Gemini) est fournisseur au sens du Règlement (UE) 2024/1689 [source: https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj/eng], et non déployeur. Cette qualification est légale et automatique dès l’apposition de la marque.

Le point que la SERP FR ne traite pas : une ESN de 10 à 50 personnes cumule deux régimes en parallèle. Fournisseur de son propre SaaS, et prestataire d’accompagnement d’un client qui, lui, est déployeur. Deux dossiers, deux périmètres, deux livrables. Le Digital Omnibus adopté le 27 juillet 2026 a repoussé certaines échéances haut risque, sans reporter la transparence ni les sanctions [source: https://www.insideprivacy.com/artificial-intelligence/eu-ai-act-update-timeline-relief-targeted-simplification-and-new-prohibitions/]. Cet article couvre ce qui est exigible aujourd’hui et ce qu’il reste 15 mois et 9 jours pour finir (du 23 août 2026 au 2 décembre 2027).

Points clés à retenir

Pourquoi votre ESN est déjà fournisseur au sens de l’AI Act

La définition Article 3 qui vous concerne directement

Un fournisseur d’IA est une personne physique ou morale qui développe ou fait développer un système d’IA et le met sur le marché sous son propre nom ou marque, conformément à l’Article 3 du Règlement (UE) 2024/1689 [source: https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj/eng]. Le déployeur, à l’inverse, utilise le système sous sa propre autorité pour un usage professionnel sans le commercialiser.

L’avocat Tommaso Stella l’énonce clairement dans Village de la Justice : « le fait de faire développer un système d’IA par un fournisseur externe ne permet pas à la personne qui le met ensuite sur le marché de se soustraire aux obligations » [source: https://www.village-justice.com/articles/conformite-act-comment-determiner-votre-role-definitions-des-termes-fournisseur,55911.html]. Appeler l’API d’Anthropic, d’OpenAI ou de Mistral AI ne fait pas sortir l’ESN du régime fournisseur. L’ESN est celle qui commercialise l’expérience finale.

Le cumul fournisseur + prestataire déployeur

Le cumul fournisseur + prestataire déployeur est la configuration la plus fréquente chez les ESN 10-50 personnes. Vous vendez votre SaaS RH ou juridique augmenté LLM à un cabinet, et vous facturez en parallèle une prestation d’accompagnement pour que ce cabinet configure son propre usage. Deux dossiers de conformité coexistent alors sur le même compte client :

  1. Le dossier Annexe IV que vous devez produire pour votre SaaS (obligations fournisseur au titre de l’Article 11) [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/11/].
  2. La checklist Article 26 que le client déployeur doit tenir (analyse d’impact, information des personnes concernées, journalisation).

La CNIL rappelle dans ses premières questions-réponses que « le RIA ne remplace pas les exigences du RGPD » : les deux régimes s’appliquent cumulativement quand le SaaS traite des données personnelles [source: https://www.cnil.fr/fr/entree-en-vigueur-du-reglement-europeen-sur-lia-les-premieres-questions-reponses-de-la-cnil]. Le dossier fournisseur doit donc s’articuler avec le registre RGPD du client déployeur (voir notre analyse dédiée AI Act déployeur cabinet conseil).

Fournisseur vs déployeur : les 4 bascules Article 25

Tableau des bascules

L’Article 25 du Règlement (UE) 2024/1689 énumère les situations qui font passer un opérateur du statut de déployeur, distributeur ou importateur à celui de fournisseur [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/25/]. Le seuil légal est bas :

BasculeArticle de référenceCe qui la déclenche pour une ESN
Marque propreArticle 25(1)(a)Vous commercialisez un système haut risque sous votre nom, même si vous ne l’avez pas développé.
Modification substantielleArticle 25(1)(b)Fine-tuning, RAG dédié, ré-entraînement partiel : dès que la modification change matériellement les capacités, vous devenez fournisseur.
Changement de finalitéArticle 25(1)(c)Vous prenez un modèle non haut risque et le déployez pour un usage listé à l’Annexe III (RH, éducation, crédit, justice).
Intégration risque limité vers haut risqueArticle 25(1)(c) combiné Article 6Un chatbot standard basculé en outil de tri de CV automatisé passe de l’Article 50 à l’Annexe III.

Un accord écrit entre fournisseur d’origine et nouveau fournisseur est requis pour organiser le transfert des informations techniques, sauf composants sous licences open source (Article 25(4)) [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/25/].

Le cas GPAI-downstream : appeler un modèle ne vous protège pas

Le régime GPAI aval est la conséquence directe de l’Article 25(1)(a) pour tout SaaS blanc-labélisé. Dès que vous collez votre logo sur une interface qui appelle Anthropic Claude, Mistral Large ou OpenAI GPT-4, l’Article 25(1)(a) se déclenche [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/25/]. Vous êtes fournisseur d’un système d’IA distinct, même sans toucher aux poids ni au fine-tuning. Le seuil légal n’est pas l’ampleur de la modification, c’est l’apposition commerciale.

Traduction opérationnelle : une landing page « MonSaaS.io propulsé par l’IA » suffit à placer l’éditeur dans le champ de l’Article 11. Le fournisseur amont (OpenAI, Anthropic, Mistral AI) reste responsable de ses propres obligations GPAI, mais ne prend pas les vôtres.

Le dossier Annexe IV : les 9 sections à produire

Le dossier Annexe IV est la documentation technique exigée par l’Article 11 pour tout système d’IA haut risque, rédigée avant la mise sur le marché et tenue à jour [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/11/]. La structure est fixée par l’Annexe IV et couvre l’ensemble du cycle de vie du système [source: https://artificialintelligenceact.eu/annex/4/].

Sections 1 à 3 : description, conception, capacités

  • Section 1 : description générale. Finalité prévue, versions, interactions matériel/logiciel, instructions d’utilisation. C’est la fiche produit conformité, pas le pitch commercial.
  • Section 2 : conception détaillée. Algorithmes, architecture, ressources de calcul, jeux de données d’entraînement et de test, mesures de supervision humaine, cybersécurité. Pour un SaaS embarquant un LLM tiers, cette section détaille votre couche applicative (RAG, prompts système, garde-fous), pas les poids du modèle amont.
  • Section 3 : capacités, limites, précision. Cas d’usage supportés, cas hors périmètre, risques prévisibles pour la santé, la sécurité et les droits fondamentaux, sources potentielles de discrimination. C’est la section la plus scrutée par les organismes notifiés [source: https://artificialintelligenceact.eu/annex/4/].

Sections 4 à 9 : métriques, risques, surveillance

  • Section 4 : métriques de performance. Précision, robustesse, cybersécurité mesurées sur les cas d’usage prévus.
  • Section 5 : gestion des risques (renvoi Article 9). Le SMSI dédié IA, l’analyse des risques itérative, les mesures de mitigation.
  • Section 6 : changements du cycle de vie. Versioning, journal des mises à jour, procédure de re-notification si modification substantielle.
  • Section 7 : normes harmonisées appliquées. Références aux normes ISO/IEC 42001, ISO/IEC 23894 et ISO/IEC 5259, et à toute norme européenne publiée au JOUE.
  • Section 8 : déclaration UE de conformité (Article 47). Document signé par le fournisseur, tenu à disposition des autorités pendant 10 ans.
  • Section 9 : plan de surveillance post-commercialisation (Article 72). Procédure de collecte des incidents, mécanisme de signalement, dispositif de rappel [source: https://artificialintelligenceact.eu/annex/4/].

Documentation simplifiée pour PME et startups

Un formulaire simplifié est disponible pour les PME, micro-entreprises et startups au titre de l’Article 11 [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/11/]. La Commission européenne publie un formulaire type que les organismes notifiés doivent accepter lors de l’évaluation de conformité. Ce n’est pas une exemption, c’est un allègement de format. Les ESN de moins de 250 salariés et de moins de 50 M€ de CA sont éligibles.

Combiné aux allègements du Digital Omnibus détaillés plus bas [source: https://www.insideprivacy.com/artificial-intelligence/eu-ai-act-update-timeline-relief-targeted-simplification-and-new-prohibitions/], ce formulaire simplifié est le régime documentaire concret pour la majorité des ESN de la place FR. Cadre général PME dans notre synthèse AI Act obligations PME France août 2026.

Marquage CE (Article 48) et évaluation de conformité

Le marquage CE numérique pour un SaaS

Le marquage CE numérique est le format exigé par l’Article 48 pour tout système d’IA fourni numériquement. L’AI Act Service Desk de la Commission européenne précise qu’« un marquage CE numérique doit être utilisé s’il est facilement accessible via l’interface, un code lisible par machine ou tout autre moyen électronique » [source: https://ai-act-service-desk.ec.europa.eu/en/ai-act/article-48].

Un SaaS conforme doit implémenter au moins l’une des trois modalités :

  1. Un composant visible dans l’interface (footer, panneau réglages, section « à propos ») affichant le CE et, si applicable, le numéro d’identification de l’organisme notifié.
  2. Une route dédiée type /ce-marking ou /conformite avec la déclaration UE et le certificat téléchargeable.
  3. Un QR code ou lien machine-readable référencé dans la documentation contractuelle et l’interface.

Le CE doit apparaître dans tout matériel promotionnel utilisant le nom de l’organisme notifié, y compris landing pages produit et fiches technico-commerciales [source: https://ai-act-service-desk.ec.europa.eu/en/ai-act/article-48]. Un badge PDF classé dans les CGU ne satisfait pas l’exigence d’accessibilité dynamique.

La procédure d’auto-évaluation

L’auto-évaluation est la procédure d’évaluation de conformité applicable à la majorité des systèmes Annexe III, hors dispositifs médicaux et sécurité des produits qui relèvent d’autres actes d’harmonisation. Elle est encadrée par les Articles 43 et 47 du Règlement (UE) 2024/1689 [source: https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj/eng] et se déroule en six étapes :

  1. Système de management de la qualité (Article 17) documenté et opérationnel.
  2. Application de la documentation technique Annexe IV [source: https://artificialintelligenceact.eu/annex/4/].
  3. Tenue automatique des journaux (Article 12).
  4. Auto-évaluation contre l’Annexe VII (procédure).
  5. Rédaction et signature de la déclaration UE de conformité (Article 47).
  6. Apposition du CE et enregistrement dans la base de données UE des systèmes IA (Article 71) avant mise sur le marché.

Sur les 15 mois et 9 jours qui séparent l’ESN du 2 décembre 2027 (échéance reportée par le Digital Omnibus pour les systèmes Annexe III autonomes) [source: https://www.insideprivacy.com/artificial-intelligence/eu-ai-act-update-timeline-relief-targeted-simplification-and-new-prohibitions/], l’auto-évaluation est le chemin critique. Il faut compter 3 à 6 mois de collecte documentaire pour une équipe qui n’a jamais produit ce dossier.

Article 50 et transparence chatbot : ce que votre client déployeur exige de vous

L’Article 50 est l’obligation de transparence applicable depuis le 2 août 2026, non reportée par le Digital Omnibus [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/50/]. Il couvre quatre situations : interaction humain-IA, contenus synthétiques, reconnaissance d’émotions, deepfakes et textes d’information au public.

Pour un SaaS B2B qui embarque un chatbot, deux obligations concrètes en découlent :

  • L’utilisateur final doit être informé qu’il interagit avec un système d’IA, de manière claire et distincte, au plus tard lors de la première interaction. Bannière discrète, message d’ouverture ou tooltip explicite sont acceptés, tant que la modalité est immédiate et compréhensible.
  • Les sorties audio, image, vidéo et texte générées doivent être marquées en format lisible par machine et détectables comme générées par IA [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/50/]. Les contenus produits avant le 2 août 2026 bénéficient d’une transition jusqu’au 2 décembre 2026 pour le marquage machine.

Exception textuelle : les contenus ayant fait l’objet d’un contrôle éditorial humain ne sont pas soumis au marquage. C’est le point qui bloque les rédactions et les cabinets de conseil qui utilisent votre SaaS pour générer des livrables clients : à eux de tracer la relecture humaine, à l’éditeur d’outiller la traçabilité. Le détail est traité dans notre analyse dédiée Article 50 chatbot SaaS.

GPAI en amont : comment votre statut change selon le fournisseur du modèle

Le fournisseur GPAI est soumis à son propre régime Article 53 du Règlement (UE) 2024/1689 (documentation technique GPAI, politique droits d’auteur, résumé des données d’entraînement) [source: https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj/eng]. Cela n’exonère pas l’ESN aval, mais détermine la nature des informations que celle-ci peut obtenir du fournisseur amont pour appuyer son propre dossier Annexe IV.

Fournisseur GPAIModèleDocumentation dev accessiblePoint à vérifier pour votre Annexe IV
OpenAIGPT-4o, GPT-4.1platform.openai.com/docsModel cards, politique usage, journalisation API
AnthropicClaude Sonnet, Claude Opusdocs.anthropic.comUsage policies, system cards, tool use safety
Mistral AIMistral Large, Codestraldocs.mistral.aiFournisseur UE, exigences AI Office directement applicables
Google DeepMindGemini 1.5, Gemini 2.0ai.google.dev/docsGemini API, safety settings, responsible AI
MetaLlama 3, Llama 4ai.meta.com/llamaModèle open weight, responsabilité fine-tuning plus lourde

Cas Mistral AI. La CNIL exerce déjà sa compétence RGPD sur les fournisseurs français, dont Mistral AI et LightOn [source: https://www.cnil.fr/fr/entree-en-vigueur-du-reglement-europeen-sur-lia-les-premieres-questions-reponses-de-la-cnil]. Choisir un fournisseur UE ne simplifie pas le régime fournisseur de l’ESN aval, mais raccourcit les chaînes de sous-traitance données et la coopération avec l’AI Office.

Cas Llama et modèles open weight. L’ESN qui récupère les poids de Meta Llama, les héberge et effectue du fine-tuning devient fournisseur GPAI aval au sens de l’Article 25(1)(b) [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/25/] : la modification substantielle est acquise et les obligations propres sont déclenchées. Le régime n’est pas plus léger, il est différent : model card et politique d’usage doivent être produites par l’ESN elle-même.

Le dossier conformité comme livrable AI-Native facturable

Le dossier Annexe IV est un livrable client à part entière, pas un document interne. Il compte neuf sections, un calendrier de production et une valeur commerciale mesurable pour l’ESN qui le facture explicitement au devis.

Deux mécaniques commerciales sont observables chez les ESN accompagnées par Kreante :

  1. Différenciation vs no-code. Un client qui compare un SaaS AI-Native à une solution Zapier + OpenAI GPT gagne un livrable réglementaire opposable. Le dossier fait basculer la vente d’une comparaison de fonctionnalités à une comparaison de risque juridique.
  2. Extension de mission. Le dossier fournisseur ouvre la conversation sur le dossier déployeur du client (analyse d’impact, information des personnes, journalisation Article 26). Une mission conformité déployeur adjacente devient logique.

Les données de marché publiquement disponibles ne quantifient pas encore la marge additionnelle d’un dossier Annexe IV livré au client (l’AI Act est trop récent). La posture produit correspondante est développée dans notre analyse AI-Native delivery et souveraineté ESN.

Le Digital Omnibus de juillet 2026 : ce qui change vraiment

Le Digital Omnibus est le paquet législatif adopté et entré en vigueur le 27 juillet 2026 qui recalibre le calendrier AI Act sans démonter le régime [source: https://www.insideprivacy.com/artificial-intelligence/eu-ai-act-update-timeline-relief-targeted-simplification-and-new-prohibitions/]. Ses quatre effets pour un éditeur SaaS :

  • Systèmes haut risque autonomes (Annexe III) : échéance reportée du 2 août 2026 au 2 décembre 2027.
  • Systèmes haut risque intégrés à des produits réglementés (Annexe I) : échéance reportée au 2 août 2028.
  • Nouvelle interdiction ciblée sur les contenus sexuels non consentis et CSAM générés par IA, conformité au 2 décembre 2026.
  • Non reportés : Article 50 (transparence) [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/50/] et Article 99 (sanctions) [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/99/], applicables aujourd’hui.

Traduction pour une ESN : un SaaS Annexe III bénéficie de 15 mois et 9 jours (du 23 août 2026 au 2 décembre 2027) pour livrer le dossier complet. Un SaaS soumis seulement à l’Article 50 (chatbot, contenus synthétiques) est déjà en régime effectif.

Sanctions Article 99 : le régime PME inversé

L’Article 99 du Règlement (UE) 2024/1689 fixe trois paliers d’amende [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/99/] :

  • Jusqu’à 35 M€ ou 7 % du CA mondial annuel pour violations des pratiques interdites (Article 5).
  • Jusqu’à 15 M€ ou 3 % du CA mondial pour manquements aux obligations fournisseur (Article 16), déployeur (Article 26) et transparence (Article 50).
  • Jusqu’à 7,5 M€ ou 1 % du CA mondial pour informations fausses ou trompeuses aux autorités.

Point sous-traité dans la SERP FR. L’Article 99, paragraphe 6, plafonne chaque amende pour les PME et startups au montant le plus bas entre pourcentage et forfait [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/99/]. Une ESN à 4 M€ de CA prend au maximum 120 000 € (3 % de 4 M€), pas 15 M€. C’est un plancher juridique qui rend le régime absorbable, à condition que la conformité soit constituée. Le régime est applicable depuis le 2 août 2026, sanctions comprises.

Prochaine étape

La prochaine étape opérationnelle est la cartographie de votre exposition en trois questions décidables. Prenez chacun de vos produits SaaS ou modules IA, et répondez :

  1. Est-il commercialisé sous votre marque ou celle du client ? Sous votre marque = fournisseur Article 3, aucun débat [source: https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj/eng].
  2. Relève-t-il d’un usage Annexe III (RH, éducation, crédit, justice, biométrie, infrastructures critiques) ? Si oui, régime haut risque, cap échéance 2 décembre 2027 [source: https://www.insideprivacy.com/artificial-intelligence/eu-ai-act-update-timeline-relief-targeted-simplification-and-new-prohibitions/].
  3. Génère-t-il des contenus ou interagit-il directement avec un utilisateur final ? Si oui, Article 50 déjà applicable, marquage machine à outiller [source: https://artificialintelligenceact.eu/article/50/].

Cette matrice tient sur une page. En une heure de travail interne, elle donne la liste des systèmes qui nécessitent un dossier Annexe IV, un marquage CE numérique, ou seulement une bannière de transparence. C’est le prérequis avant tout devis client, tout audit externe et toute discussion budget conformité.

Pour confronter cette cartographie à un regard tiers, notre audit AI-Native gratuit intègre depuis juillet 2026 un volet exposition AI Act pour les ESN 10-50. Pas de vente derrière, juste le mapping.

Questions fréquentes

Une ESN qui intègre un LLM dans son SaaS est-elle fournisseur ou déployeur au sens de l'AI Act ?
Fournisseur, dès que le système est commercialisé sous la marque de l'ESN. L'Article 3 du Règlement (UE) 2024/1689 définit le fournisseur comme celui qui met un système d'IA sur le marché sous son propre nom, indépendamment du fait que le modèle sous-jacent (Anthropic Claude, OpenAI GPT-4, Mistral Large) vienne d'un tiers. L'ESN ne reste déployeur que si elle utilise l'IA en interne, sans la revendre.
Quelles obligations de documentation technique pour un éditeur SaaS ?
L'Article 11 du Règlement (UE) 2024/1689 impose un dossier Annexe IV en 9 sections, rédigé avant la mise sur le marché et tenu à jour : description générale, conception détaillée, capacités et limites, métriques de performance, gestion des risques (Article 9), suivi des changements, normes harmonisées appliquées, déclaration UE de conformité (Article 47) et plan de surveillance post-commercialisation (Article 72).
Comment obtenir le marquage CE pour un système IA haut risque livré en SaaS ?
Trois étapes : évaluation de conformité (auto-évaluation pour la plupart des systèmes Annexe III), déclaration UE de conformité rédigée par le fournisseur (Article 47), apposition du marquage CE numérique accessible via l'interface, un code lisible par machine ou un lien téléchargeable (Article 48). Le CE numérique n'est pas un PDF statique : l'AI Act Service Desk de la Commission européenne exige une accessibilité dynamique.
Quelles sanctions AI Act pour une PME éditeur logiciel non conforme ?
L'Article 99 fixe trois paliers : jusqu'à 35 M€ ou 7 % du CA mondial pour violations des pratiques interdites (Article 5), 15 M€ ou 3 % pour manquements fournisseur (Articles 16, 26, 50), 7,5 M€ ou 1 % pour informations fausses aux autorités. Régime spécifique PME et startups : chaque amende est plafonnée au montant le plus bas entre pourcentage et forfait, contrairement aux grandes entreprises.
Existe-t-il des allègements documentation technique pour PME et startups ?
Oui. L'Article 11 autorise les PME, micro-entreprises et startups à fournir la documentation Annexe IV sous forme simplifiée, via un formulaire établi par la Commission européenne. Les organismes notifiés doivent accepter ce format lors de l'évaluation de conformité. Le Digital Omnibus adopté le 27 juillet 2026 ajoute un report d'échéance pour les systèmes Annexe III autonomes, désormais applicables au 2 décembre 2027.
Quand un déployeur bascule-t-il en fournisseur au sens de l'AI Act ?
L'Article 25 identifie trois bascules : apposition de son nom ou de sa marque sur un système haut risque déjà commercialisé, modification substantielle qui maintient le statut haut risque, ou changement de finalité qui rend un système non haut risque désormais classé haut risque au titre de l'Article 6. Un accord écrit entre fournisseur d'origine et nouveau fournisseur est requis, sauf composants open source.

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